«Victorinox, ma troisième main»

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Une nuit de 30 décembre. Il est tard et il pleut sur cette petite route de la région parisienne, mille fois empruntée. La semaine a été lourde. La fatigue de ce vendredi soir, le va-et-vient des essuies glaces et l'assurance tranquille de rentrer chez soi émoussent l'attention... Un mauvais virage et soudain, en un éclair, la frayeur puis le choc. La voiture vient de faire une embardée dans le fossé. Pascal de Souza, directeur technique dans un bureau d'études spécialisé en stationnements urbains, raconte: «Après quelques secondes, j'ai repris mes esprits. J'étais à la verticale, coincé contre le volant, prisonnier de ma ceinture de sécurité qui ne voulait pas s'ouvrir. Ma voiture avait piqué du nez dans un fossé servant à drainer les eaux de pluies. L'eau me glaçait jusqu'à la taille et risquait encore de monter. Au dessus de moi, les faisceaux des phares des voitures balayaient le virage mais sans jamais m'apercevoir... Je ne pouvais compter que sur moi-même et surtout sur mon Victorinox. Il ne me quitte jamais, dans son étui de cuir, attaché à ma ceinture. C'est un compagnon fidèle. Sans difficulté, j'ai coupé ma ceinture de sécurité puis, péniblement, j'ai réussi à m'extraire de la voiture. Sans mon Victorinox, je serais certainement resté coincé toute la nuit au fond du fossé. Et avec ces eaux glacées, j'aurais pu redouter le pire...».
L'aventure de Pascal de Souza est exemplaire et montre bien combien la vie ne tient parfois qu'à un fil, le fil d'une lame de couteau suisse, minutieusement aiguisée. Il dit volontiers que ce couteau est sa «troisième main». C'est vrai qu'il fait partie de sa vie depuis plus de 25 ans. Il l'accompagne durant son travail mais aussi pendant ses loisirs. Objet pratique du quotidien, le Victorinox devient aussi, dans la main de Pascal de Souza, l'outil du maître: c'est avec lui qu'il sculpte de superbes cannes qu'il collectionne ou qu'il offre à ses amis: «Je choisis des bois dont les formes évoquent tel ou tel animal. Avec mes lames, je les souligne et les intensifie. Il me faut entre 10 et 60 heures de travail selon la complexité du pommeau. Je préfère les bois durs, les bois denses et chauds comme le buis, l'olivier et la bruyère...» Des qualités de bois à l'image de ses mains, solides et franches. Les mains d'un champion de Tae Kwon Do, l'un des arts martiaux qui privilégient la défense à l'attaque: «Je prépare ma ceinture noire. J'aime ce sport car il n'est ni agressif, ni violent et il répond à toutes sortes de situations. Il est à l'image de mon Victorinox. Un outil de vie!»
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